26.12.2006

Vive le vent d'hiver !

Marrant, j'ai quelques jours devant moi. Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Seulement deux semaines avant mon prochain départ. Quelques jours pour y caser les fêtes de fin d'année, faire mes cartons et quitter cet appart, regler mes finances, préparer mon prochain départ et voir tout ceux qui me manquent ici. Cette fois, pas d'asso, pas d'événement, pas de sortie... juste moi... en coup de vent.

Etrange moment, trois points de suspension inattendus succèdent à une vie de changements. Les trois fantômes des contes de noel ? Je réalise seulement à quel point les choses changent vite. Le temps file comme un mince filet de sable dans nos doigts sans qu'on prenne conscience de la dune qui s'est accumulé à nos pieds... Et que restera-t-il après ?

Une ambiance triste et vide chez moi. Cleo n'est plus de ce monde. Le chauffage est coupé, il fait sombre. L'hiver s'est invité dans ma demeure. Ce vieil ami venu chuchoter la mélancolie à mes oreilles. Je pense à ceux qui ne sont plus, qui me manqueront toujours et à cette autre vieille ami, la fin, capricieuse et incompréhensible.

J'aurais aimé être un courant d'air. Pour seulement passer dans la vie des gens et pouvoir disparaitre aussitôt sans laisser de souvenir, comme le sable entre les doigts. D'autres feuilles pousseront sur les arbres, de nouvelles fleurs viendront parfumer le printemps. Tandis qu'un courant d'air souffle dans les feuilles, diffuse les parfums, mais s'oublie aussitôt. Et si j'essayais ? Pour voir ? Pour rigoler ?

Je commence à peine mes cartons. Ca devrait aller vite. Pas de bibelots, pas de souvenirs. Rien d'encombrant. Quelques vieilles fringues. Mes instruments de musique. Les quelques paprasses obligatoires ici, une brosse à dent par là. Encore un peu et je serai un courant d'air, je pourrais aller là-haut, dans les nuages, voir ce qui s'y passe... et elle oubliera.

"The more we fly, the more we climb, the more we know ... that heaven is a lie". (Ghinzu, Jet sex)
(traduction pour ma petite pitchou : "plus on vole, plus on grimpe, plus on sait... que le paradis est un mensonge" ... mais ça ne s'applique pas à toi, ton paradis n'est plus très loin, encore un effort ! slurp' !!)

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28.11.2005

L'eau, un peu plus loin

Le 28/11/2005

Juste comme ça pour inaugurer ma nouvelle rubrique : Oui... les limites où sont elles ?

Aujourd'hui : l'eau

Nous étions sur une plage du sud ouest, dans les landes. Le soleil était chaud. On sentait sa grosse langue brulante passer sur nos peaux qui en rougissait de honte. Peu de vent. Du sable. Les quelques bruits des passants qui connaissaient eux aussi ce dernier coin de tranquilité rescapé des touristes.
C'était la sieste pour la plupart d'entre nous. La détente à son zenith.

Dans ces moments là, je suis souvent le seul à ne pas dormir. Je regardais la mer, cette immensité, cette masse d'eau, ce monstre énorme. Elle était calme, imposante, fascinante, attirante. Je suis resté un long moment à la regarder et je n'ai pas su lui résister.

Je suis parti tranquilement à sa rencontre. En avançant, le sable chaud et sec sous mes pieds laissait sa place à des petits coquillages et des petits cailloux, puis vint un sable humide et compact, et enfin l'eau. Le bout des vagues qui lèchent le sol et les doigts de pied au passage, plein d'écume, s'échouant. L'eau était fraiche en comparaison de la chaleur de l'après midi au soleil. Je trempais une main puis continuai d'avancer. Je regardais toujours droit devant moi cette étendue immense, toute cette eau, ce dragon tranquile. J'entrais peu à peu dans l'eau. Les mouvements de l'eau me tiraient un peu de tous côtés mais je continuais d'avancer, inexorablement, attiré. J'entrais plus profond dans l'eau. Jusqu'au cou.
Puis je me suis arrêté. Dans le creux des vagues j'avais encore pied, mais je devais me laisser porter par les vagues pour me maintenir la tête hors de l'eau. C'était ma limite : je ne sais pas nager.

J'étais bien. Calme. On dit que les limites n'existent pas vraiment, qu'on ne peut pas les dépasser mais pourtant on peut les repousser. Ca n'a vraiment aucun sens dans ce cas. J'ai repoussé la limite. J'ai avancé plus loin. Je voulais voir, franchir. J'étais vraiment tranquile, attiré par une sireine invisible inaudible mais bien présente devant moi. Peut-être que franchir la limite c'est quelquepart accepter de ne pas revenir, ne pas penser à la terre ferme derrière. Vivre l'instant, à fond. Je me suis surpris à presque savoir nager. Je flottais tant bien que mal. Je bougeais mes bras et mes jambes dans tous les sens. Bref moment d'euphorie, j'avancais vers l'inconnu, sans me soucier. Je ne faisais plus qu'un avec la mer. J'entrais dans cette immensité, je caressais le dragon.

On dit repousser ou franchir une limite ? Comment sait-on ? Jusqu'où ?

Ca a commencé par la fatigue. Je perdais mon souffle et je sentais mes muscles me tirer. L'espace d'un très bref instant j'ai pensé à la plage, au retour. Très soudainement l'eau est devenue hostile, un danger. J'ai fait demi tour. Mais pas moyen d'avancer. Affolement. Un courant, une main invisible me retenait. Le bord de l'eau si proche devant moi, la mer, cette énorme bouche ouverte, monstre affamé dans mon dos, avalant l'eau, m'aspirant. Panique.
La fatigue s'est transformée en crampe, cette crampe au molet qui me fait rigoler à chaque fois. Là je ne rigolais pas. Puis la tasse. Des alternances d'images, le ciel bleu azur, et cette vision trouble sans fond, verte, sous marine. Alternance du bruit du vent, des vagues, et de ce son sourd sous l'eau, comme un bruit de fond assourdissant, les vagues entendues d'en dessous. J'ai compris que je me noyais. J'avalais de l'eau.
Et quelque part dans ma tête cette petite voix qui me disait que c'était enfin fini, que je pouvais me laisser aller et profiter de ces derniers instants de vie. Quelquepart, une sorte de libération, de soulagement. Brève idée que j'allais nourir les petits poissons et me dissoudre dans l'océan...

Je suis convaincu d'avoir eu une perte de connaissance très brève une première fois. Ou alors c'est la panique qu'un mécanisme inconscient a supprimé de ma mémoire. Et j'ai heurté quelquechose de dur sans savoir ce que c'était au début. Je me suis senti agrippé et j'ai eu une seconde perte de connaissance plus longue cette fois.

En réalité je ne me suis jamais noyé. On m'a sorti de l'eau bien trop tôt pour que de l'eau ne rentre dans mes poumons (j'ai juste eu droit à de bonnes tasses). Maintenant je me demande simplement. La limite elle est où ? Aurais-je pu aller plus loin encore ? Pourquoi est-ce que j'ai envie malgré tout de le savoir, d'éprouver cette limite ? Envie d'y retourner...

14:16 Publié dans Limites | Lien permanent | Commentaires (20)