06.12.2005
Inachevée...
Le 06/12/2005
Ah... la soirée commençait bien. J'avais eu une journée de merde. Celle qui démange méchament. Celle où le ton monte de partout, où ta main est comme un élastique tendu qui ne demande qu'à claquer dans la gueule à tous ces pauv' nazes névrosés. Bref...
Je m'étais bien défoulé finalement et là j'étais de bonne humeur en quittant le boulot. Un sourire béa, niais au possible affiché sur ma gueule. Je longeais la rue de paris, cette rue grouillante de cafés, pleine de vie à partir d'une certaine heure, Remplie de bruits, de gens, de voitures un peu dans tout les sens qui ont oublié le code de la route mais pas le klaxon ni les jurons. Ici c'est toujours le bordel le plus total, j'aime bien. Tout en haut il y avait une magnifique lune à demi cachée par quelques nuages. On se serait cru dans un film. C'est un peu vrai d'ailleurs, j'étais encore dans mon monde.
Le métro puis le train m'ont bercé jusqu'à ma ville. Ah oui cette ville. Une ville étrange. Espacée, aerée, calme, étrangement tranquille. Une ville qui dort. Une ville nouvelle sortie de nulle part, sans identité, sans passé, une ville fantôme. Une ville qui me va bien, au fond, elle me ressemble. Je rentrais chez moi. La lune veillait au-dessus de moi.
Pour une fois que je ne rentrais pas tard dans la nuit. J'avais un peu de temps pour en profiter. Ce silence dans cette ville déserte. Cette nuit douce et tranquille. Cette lune bienveillante... Je ne souhaitais pas m'enfermer. Je suis parti en ballade.
J'ai d'abord traversé le centre ville. Longé ces vitrines closes, rideaux de fer baissés. Le cinéma éteint. Et le bleu, tout ce bleu de cet éclairage particulier qu'on ne voit qu'ici, sur cette place. Aucun bruit. Quelques lumières aux fenêtres, de toutes les couleurs. Les habitants s'étaient tous réfugiés chez eux, coupés du monde derrière leurs bareaux, mais cherchant l'évasion télévisuelle. Ils m'avaient abandonné la place. Là dehors, j'étais bien. Seul. Vagabond.
J'ai progressé le long des quartiers résidentiels, remplis de pavillon et de jardins. Tout cet espace monopolisé pour quelques familles seulement. Leur petite vie bien à l'abris dans ces murs. Les cheminées laissaient s'échapper un peu de la chaleur de leur foyer, véritable fuite qu'ils ne peuvent contenir et qui file vers le ciel. J'ai traversé quelques jardins. Juste pour voir, pour sentir, pour comprendre. Et j'ai continué mon chemin, plus loin de la ville.
Je suis arrivé à la lisière de celle que je venais chercher. Mon amante. Mon chez moi. Mon temple.
La lune brillait toujours, même si quelques nuages fins passaient parfois devant elle, déroulant un tapis d'ombre sur les champs, puis dans les arbres. Mais le tout baignait dans une limpide clareté. Je me suis retourné, face à la ville au loin, remplie de lumières, constellations venues du sol, constellations artificielles. J'ai pensé à tous ces humains, enfermés, confinés dans leurs espaces clos, verrouillés, dans des cages. Quelle tristesse.
Alors je suis parti en courant. En suivant un chemin de terre. En suivant mon envie. En laissant une sorte de folie s'emparer de moi, de mon corps. Laissant mon esprit de côté pour laisser la place à celui de l'Autre. J'ai couru. J'ai filé entre les arbres, entre les troncs, entre les ronces, les fougères... Je me suis arrêté, écoutant son silence, contemplant son obscurité troublée par les rayons lunaires. J'ai suivi des pistes imaginaires, parlé à des arbres, touché ce sol froid jonché de feuilles mortes. J'ai laissé le froid envahir mon corps comme une douce caresse. Je suis reparti de plus belle. J'ai enjambé des fossés, marché en équilibriste sur des troncs, me suis agrippé à des branches sales et glissantes, je suis tombé, me suis relevé. J'ai mis la main dans un ruisseau, l'eau était glaciale. Admiré les relfets de la lune dans les remouds de cet eau cristaline. J'ai vu deux yeux (un chat, un chien ?) Et j'ai filé comme le vent. libre.
C'était comme dans un rêve.
Et je me suis réveillé. J'ai pris congé de ma maitresse, l'ai remercié pour ce moment, pour ce qu'elle m'apporte. J'ai suivi le petit chemin de terre jusqu'à une rue éclairée de révèrbères. Longé les pavillons et les jardins endormis. Traversé le centre ville aux lumières blueues et tamisées... Il n'y avait plus de lumières aux fenêtre de cette ville fantôme. J'ai longé mon immeuble jusqu'à son entrée. J'ai allumée cette lumière agressive du hall, pris mon courrier. J'ai pris l'escalier, glissé ma clef dans la serrure je suis rentré chez moi et j'ai doucement refermé la porte d'entrée. A double tour.
Un jour... je ne me réveillerai pas.
18:10 Publié dans Loups & co | Lien permanent | Commentaires (41)
21.06.2005
Danse avec les loups
Le 21/06/2005
Voici une rencontre qui peut bouleverser l'existence de certains. C'était mon cas quand, tout petit, j'ai vu mes premiers loups. C'était dans un parc. Ils avaient entassé là des dizaines d'enclos et les représentants de divers espèces de tout poil. Puis, sur le bord du chemin, un enclos avec des pierres et un peu de végétation, mais aucun locataire. Curieux je me suis arrêté et j'ai regardé scrupuleusement chaque recoin, chaque cachette dans l'espoir d'y découvrir une nouvelle espèce. Puis déçu de ne rien y voir, je commençais à reprendre mon bonhomme de chemin.
En partant, quelquechose m'a fait tourner la tête. Un bruit, un mouvement, un présentiment ? Je ne sais pas trop. En jetant un coup d'oeil, j'aurais dû voir un animal, mais j'ai vu bien plus. C'était son regard, il était si différent, si captivant! Il y a une sorte de magie dans le regard d'un loup. J'étais immobile, envouté. Ca n'a peut-être duré qu'une seconde ou deux, mais pour moi ça a duré toute ma vie.

Mais c'est quoi cette bête ?
Pour faire vite, disons que c'est un mammifère, plus précisément un canidé. Son nom c'est le canis lupus (loup gris). Selon la sous-espèce, il pèse entre 12 et 80 kgs, mesure de 60 à 95 cm au garrot, 100 à 150 cm de long, avec un queue de 31 à 51 cm. Sa fourrure est souvent un mélange de beige, anthracite, blanc, noir et fauve. Le loup est principalement carnivore. Il vit en meute régie par des règles sociales très strictes. Le mâle et la femelle alpha dirigent la meute et sont les seuls à procréer.
Le loup hurle.
Quand on parle du loup ...
On devrait en voir le bout de la queue, mais ce n'est plus le cas. Les loups étaient autrefois très répandus, jusqu'à ce que l'homme revendique progressivement leur habitat puis se lance dans une véritable campagne d'extermination au XIXème siècle au point d'obtenir sa disparition complète de certains territoires, dont la France.
Depuis les années 90, quelques loups italiens ont traversé la frontière pour venir s'installer en France. On estime très difficilement le nombre exact de loups en France aujourd'hui, il devrait y avoir environ une cinquantaine d'individus.
Et le chaperon rouge dans tout ça ?
De la fable du petit chaperon rouge au mythe de Romus et Romulus, bête sanguinaire par ci, gentille peluche par là, on se rend bien compte que le loup est un animal méconnu. Nous avons depuis longtemps remplacé l'animal par le symbole qui lui (références religieuses obligent) éveille les passions. Du coup, c'est le loup (l'animal) qui souffre de cette fausse réputation que nous lui avons fait.
A peine arrivé en France, le loup devient le bouc émissaire du milieu pastoral.
Pourtant, en 2001, on estime à seulement 0,01% la perte du cheptel ovin due au loup (0,8% dans les zones de présence permanente du loup). Pour comparaison, on estime à 1,5% de pertes dues aux chiens divaguants, 0,2% de pertes dues à la brucellose... Ajoutons à cela les moyens de protection existants qui pourraient limiter les dégâts des attaques de loups ET de chiens mais qui ne sont pas mis en oeuvre...
Malgré cela, on voit le loup partout, sanguinaire, torturer les pauvres moutons sans défense... (ce même loup qu'étrangement on ne voit plus nulle part quand il s'agit de prendre un photo ou d'en prendre un en flagrant délit). Le gouvernement trouve alors la solution : on va abattre des loups. Joli come back deux siècle auparavent, chapeau bas. On va bientôt sortir les bûchers ? Attention à vous mesdames si vous avez un chat noir, le gouvernement arrive, sus aux hérétiques !
Non, le loup n'est pas l'incarnation du démon. Ce n'est pas non plus une jolie peluche. C'est un animal sauvage, un prédateur. Un élément de la nature avec lequel nous pouvons cohabiter et que je souhaite pouvoir montrer à mes enfants un jour. Pas une photo, ni un animal triste et enfermé comme celui que j'ai vu la première fois, mais un animal libre.
13:25 Publié dans Loups & co | Lien permanent | Commentaires (2)





